[RLM] – Mon petit oiseau…

Posté par cercledeslunes le 4 janvier 2016

Le doux gazouillis des oiseaux qui fêtent le printemps et le frais parfum de mille fleurs qui sature vos narines vous apporte une sensation de bien-être. Lentement, comme pour vous habituez à la lumière diurne, vous ouvrez les yeux.

Vous êtes au cœur d’un sublime jardin à la française.
Vous marchez tranquillement pieds nus dans cet environnement au mélange subtil de tendre verdure et de couleurs chatoyantes guidé par l’agréable bruissement de l’eau d’une fontaine qui tinte non loin de là à vos oreilles.
La fontaine trône au centre du jardin et vous marchez tranquillement vers elle, profitant de la fraîcheur des jeunes pousses d’herbes couvertes de rosée qui chatouille vos doigts de pieds.

Arrivé à hauteur de la fontaine le temps change à un instant et ce doux environnement vert pâle laisse place à un univers aux teintes ocre. C’est l’automne.

L’herbe est à présent fade et brûlée par le soleil de l’été. Des fleurs, il ne reste plus que des tiges séchées et brunies. Et l’eau de la fontaine est rouge… Vous levez alors les yeux au ciel : il est carmin. 

Vous reculez de surprise et le sol craque sous vos pieds. Au sol entre les tiges des fleurs éteintes, les oiseaux sont répandus. Tous les oiseaux qui chantaient tout à l’heure et apportaient un peu de réconfort sont au sol. Inertes. Morts. Le silence. Même l’eau semble morte. Le silence retentit bruyamment…

Soudain il pleut ! Point de l’eau mais des plumes. Le sol est jonché de grandes plumes de deux pieds de long. Des plumes noires, des plumes blanches. Peu à peu le charnier aviaire est couvert d’un motif moucheté en pied-de-poule. 

La fatigue vous envahit et vous pousse à vous coucher dans ce parterre de plumes. Une odeur de sang puissante envahit vos narines et un chacal vient se coucher à votre côté. L’animal docile et silencieux, vous regarde puis regarde le ciel.

Le ciel…

Deux créatures géantes virevoltent dans le ciel rouge. Deux énormes oiseaux. Deux rokhs. L’un arborant une robe blanche immaculée semblant irradier d’une douce lumière diaphane, apaisante. L’autre d’une robe ébène semblant laisser un épais nuage noir sur son passage. 

Ils semblent danser. L’un passant au-dessus de l’autre et inversement dans un ballet incertain. Les battements de leur ailes produisent un vent tranquille qui caresse votre visage et fait tourbillonner les plumes duveteuses autour de vous.
Puis un éclair rouge venant de nulle part fracasse le ciel dans un bruit assourdissant. 
La peur vous envahit et par réflexe vous fermez un court instant vos yeux et bouchez vos oreilles. Quand vous ouvrez les yeux le ciel est bleu. Les deux oiseaux mythiques volent toujours, mais quelque chose vous semble de travers.

Le chacal gît inerte à vos côtés. L’oiseau blanc est affolé. Il crie. C’est là que vous comprenez ! 

Ils sont attachés l’un à l’autre par une longue et épaisse corde carmin. Les deux ont du mal à voler. Voulant chacun aller dans une direction opposée.
Le rokh d’ébène tient dans son bec un éclat tranchant noir encre et suintant de sang. C’est une lame d’obsidienne. Le sang qui goutte de celle-ci s’écrase sur le chacal mort à vos pieds…

L’oiseau blanc crie plus fort et vous vous réveillez…

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