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Un désert brûlant

Posté par cercledeslunes le 14 février 2015

 

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Et soudain tout se figea, le monde s’arrêta et les ténèbres l’envahirent dans une incommensurable souffrance. Une partie de son âme venait de lui être arrachée sans préambule, brutalement. Elle chuta et le bruit sourd d’un corps s’affaissant au sol s’étouffa au milieu de ce dédale de pierres et de roches. Elle venait de sombrer dans les méandres de leurs folies à tous, dans les entrailles de leur rêve commun.

 

Leur rêve, ce songe onirique n’était plus qu’une chimère abominable. Au milieu d’un désert aride et brûlant, l’Oracle était roulée en boule délicatement torturée par cette perte atroce alors qu’elle reposait sur un petit îlot de verdure. Sa peine était assassine, envahissant le rêve, s’insinuant dans les moindres artifices oniriques de leurs esprits aliénés. Il n’y avait plus de rose, plus de couleur, juste le noir ténébreux et la souffrance la plus cruelle. Un merveilleux délice, un exquis tourment.

 

Elle avait perdu prise, la souffrance avait été telle qu’elle avait été ensevelie par un tsunami brut de pure douleur qu’elle n’avait pu se relever. Le temps passa et elle revint, reprenant sa maîtrise alors que la peine, les lamentations de la petite Oracle lui étaient insupportables. Mais elle devait attendre, ils devaient être présents, son sang devait être présent pour la disparition de son humanité et ils arrivaient à leur rythme.

 

Le voile noir se troubla, laissant apparaître une chevelure de jais encadrant un visage envahit par le souffrance. Elle avança vers la petite, la prenant délicatement dans le cœur de bras alors que dans son autre main, apparu une lame courbe auréolée d’une lueur verte, un cadeau de son ancienne. La lame s’éleva lentement dans les airs avant de s’abattre et une douleur libératoire lui transperça le corps. Mais il n’y avait là rien de cruel, juste une délivrance car enfin la petite s’affaissa totalement dans ses bras, en paix et libre de rejoindre son mari.

 

La lame tomba sur le sable brûlant alors qu’elle se redressait, le corps sans vie de la petite dans les bras. Elle s’avança pour la déposer sur l’autel comme on déposerait le plus fragile et délicat des trésors. Mais le temps se troubla, un brouillard sableux s’insinua parmi son sang, se glissant entre eux pour filer vers l’autel. Le sable remontait lentement sur la pierre alors que la chevelure de jais devint neigeuse, que la chevelure neigeuse devint carmin, que la chevelure carmin devint ténèbres. Elle était trois, encerclant un autel maintenant ensevelit par son désert.

 

Et l’Oracle ne fut plus, retournant dans les méandres de sa folie, devenant maintenant qu’un regret immortel.

 

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